Bouts de vie,  Réflexion

Journée mondiale de la santé mentale

Hier, c’était la journée mondiale de la santé mentale. Et aussi celle du porridge, apparemment, mais ce n’est pas de ça que je veux vous parler.

Aujourd’hui, je veux vous parler de la maladie mentale que je connais le mieux. Il y a trois ans, à force d’être dans le déni, j’ai sombré dans une dépression profonde suite à un burnout. La dépression et moi, on va pas se mentir, ça fait pas mal de temps qu’on se côtoie. J’étais en primaire quand elle est venue m’insuffler mes premières envies de crever, et dès que j’ai un coup de mou, elle adore venir me susurrer des mots pas si doux. Douloureux.

Et puis il y a eu cette fameuse période sombre où c’est devenu invivable pour tout le monde. Pendant mon arrêt médical, j’ai commencé à écrire et à filmer des bouts de vie. Je voulais me souvenir d’où je viens, de ce par quoi je suis passée. Alors j’ai monté ce court-métrage. Ça m’a pris du temps, c’était psychologiquement dur de me remettre face aux démons que je tentais de fuir. Mais j’ai fini par en venir à bout.

Et ma dépression aussi, d’ailleurs, j’ai fini par en venir à bout. Elle m’a beaucoup appris sur moi-même : j’ai compris pourquoi j’y étais si sensible, comment je fonctionnais, et du coup, comment la faire taire.

Je sais que j’ai déjà abordé le sujet précédemment, mais je pense qu’il est vital d’en parler. Parce que quand j’étais au plus bas, lire des témoignages, ça m’aidait. A me dire que je ne suis pas seule. A déculpabiliser. A apprendre à accepter que non, justement, ce n’est pas « juste dans ma tête » contrairement à ce que beaucoup veulent faire croire ; que c’est une putain de maladie mortelle ; que ça peut aussi être une comorbidité à d’autres facteurs externes. On ne choisit pas d’être dépressif, comme on ne choisit pas de chopper une grippe (ou le coronavirus, tiens). Et comme toute maladie, ÇA SE SOIGNE.

Mais par contre, on ne soigne pas un malade contre son gré. La première phase, c’est l’acceptation, et c’est pour ça qu’il est PRIMORDIAL d’en parler, de savoir détecter les symptômes à temps pour une prise en charge efficace, avant que ça ne fasse trop de dégâts sur le corps et sur l’esprit. Crises de larmes incontrôlables, crises d’angoisse, insomnie ou hypersomnie, perte d’appétit, envie de rien, manque d’énergie, démotivation globale, pensées sombres, envies suicidaires, nausée, vertige, perte de l’estime de soi, négativité accrue, les symptômes peuvent être nombreux selon le type de dépression.

Malgré mon état, j’ai pris sur moi pendant presque un an à vouloir me convaincre que j’étais forte et que tout allait bien, que j’allais m’en sortir seule, tout en sombrant toujours plus profond, démultipliant en secret des crises d’effondrement émotionnel toujours plus violentes.

Spoiler alert : AUCUNE maladie ne guérit par la simple volonté. AUCUNE. Par contre, avec un suivi psychologique adapté, BEAUCOUP de repos et une éventuelle aide médicamenteuse si vraiment c’est nécessaire (je suis contre la sur-médication et dans mon cas il était hors de question que je prenne des benzodiazépines, mais je ne vais pas mentir, j’ai pris de la sertraline pendant plusieurs années et ça m’a beaucoup aidée), c’est possible d’en venir à bout.

Cette expérience m’a appris à m’écouter, à me montrer égoïste et à me couper des situations ou des personnes négatives. J’ai acheté une petite maison dans laquelle je puisse me créer un cocon de bien-être et de sérénité, j’ai quitté le job pour lequel je n’étais clairement pas faite car il allait à l’encontre de mes « besoins spécifiques » à m’en rendre malade, j’en ai trouvé un nouveau dans lequel je me sens infiniment mieux, et je m’entoure de personnes positives, ouvertes d’esprit et bienveillantes. La lumière a fini par percer la pénombre.

Si vous êtes en dépression, écoutez-vous. Parlez-en à quelqu’un. Vous pouvez en sortir, mais vous DEVEZ vous faire aider. Il n’y a aucune honte à avoir. Demander de l’aide, ce n’est pas être faible, bien au contraire : c’est avoir la force d’écouter son corps, son esprit et ses besoins. Personne n’a honte d’aller chez le médecin pour une grippe. Personne ne devrait avoir honte d’y aller pour une dépression – ni pour toute autre forme de maladie mentale. Et personne ne devrait jamais souhaiter une dépression, ou toute autre forme de maladie, à quelqu’un d’autre.

Je ré-aborderai sans doute le sujet plus longuement un jour, mais en attendant, vous pouvez relire mes précédents articles à ce sujet :

Prenez soin de vous, toujours. ♥

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