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Japon – Osaka + Dir en grey

Jour 7. On se lève de bonne heure pour descendre les 4 étages avec nos valises déjà bien lourdes, et aller prendre le train direction Osaka. On séjourne à nouveau dans une J-Hoppers, située à un arrêt proche de la gare qui se nomme… Fukushima. Mais aucun rapport avec la centrale !

Osaka - Namba

Osaka - Namba

On dépose nos bagages dans le lobby, et on repart direction Namba. Hop, la plaque de la ville :

Osaka - Namba

On commence par s’arrêter au temple indiqué sur le plan comme étant particulier, le Namba Yasaka-Jinja… Et de fait, une énorme tête de lion lui sert de base ! C’est toujours impressionnant de tomber sur ce genre de temple, perdu dans un grand quartier de la métropole et encadré de gratte-ciels.

Osaka - Namba

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C’est là que l’on découvrir un autre aspect du Japon : là-bas tout va très vite, on est inondé d’informations dans tous les sens, mais ils prennent néanmoins le temps de s’arrêter 5 minutes pour faire une petite prière au temple avant de repartir aussi vite qu’ils ne sont arrivés…

Osaka - Namba

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Ce que j’apprécie au Japon, ce sont leurs petits messages d’information… On est en plein milieu d’un temple, et hop, on tombe sur ça. Normal !

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Notre objectif du jour : Amerika Mura. Comme son nom l’indique, ce quartier subit une très forte influence américaine, c’est « the » quartier branché d’Osaka ! Mais c’est aussi là-bas qu’on peut trouver des magasins plus Punk ou Lolita de marques comme Algonquins, Putumayo, Angelic Pretty, Sexpot Revenge

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On commence par s’arrêter au Mandarake. Le Japon est l’un des pays les plus sûrs du monde, ainsi, ce magasin ne craint pas d’exposer une large bibliothèque de mangas à l’extérieur.

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On flâne dans le quartier un petit temps, s’arrêtant pour manger des takoyaki absolument délicieux, puis on se dirige tout doucement vers le Namba Hatch

Osaka - Namba

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Des étudiantes sont en train de jouer de la musique classique dans un coin, tandis qu’au pied de la station de métro, des jeunes s’exercent à la danse de rue.

Osaka - Namba

On va taper nos sacs dans des consignes automatiques pour garder le strict minimum vital sur nous. Ce soir, c’est le grand soir : près de 10 ans après le premier concert européen de Dir en grey à Berlin (le 28.05.2015), je vais enfin les voir dans leur pays d’origine ! Ceux qui me connaissent savent à quel point ce groupe me tient à cœur, il représente 10 ans de ma vie… Un live report s’impose.

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Quand on arrive près de l’entrée, le public est sagement réparti en files selon leur numéro de billet, on va se placer dans la tranche 1400-1700. Les japonais font beaucoup moins dans le « m’as-tu vu » que les européens point de vue look, et savent mieux se tenir. On appelle les gens par tranche de numéros et on ne tarde pas à pouvoir rentrer puisqu’ils avaient déjà commencé avant notre arrivée. Nous sommes situés en fond de fosse mais ne cherchons pas à nous faufiler, se contentant d’une petite bière pour tuer l’attente.

Et enfin, le moment tant attendu : les lumières s’éteignent, la nouvelle introduction se lance et les membres font leur entrée, un à un, scandés par le public, jusqu’à ce qu’enfin Kyô monte sur scène sous un tonnerre de cris et d’applaudissements. J’ai encore du mal à réaliser que je suis là, au Japon, 10 ans après la première fois (10 ans bordel !), que tout cela est bien réel, et il ne faut pas beaucoup de temps avant que mes yeux ne se mettent à couler sans pouvoir s’arrêter. Je pleure la nostalgie, la performance musicale, ma présence au Japon ; je pleure un flux d’émotions diverses et indescriptibles qui se mêlent.

Quand, sur Conceived Sorrow, la voix de Kyô se met à trembler, comme si lui aussi allait pleurer, mon cœur se serre douloureusement…

J’avais lu que ses problèmes de gorge étaient toujours là et qu’il avait eu du mal à chanter durant certains lives, mais je ne ressens rien de tel. Je suis scotchée par sa performance vocale, et tellement heureuse de pouvoir constater les progrès fous qu’ils ont fait en 10 ans, tant musicalement au niveau de l’ambiance qu’ils parviennent à transmettre dans leurs morceaux, que vocalement où Kyô gère le chant de façon poignante là où il y a 10 ans il ne savait tout simplement pas chanter juste ! Il aura peut-être fait 4-5 fausses notes, mais qu’est-ce que quelques fausses notes sur tout un concert ? Il achève parfois ses chansons par des cris un peu plus longs, et on a même le droit au retour d’un mini-inward scream. Sa voix tremble à quelques reprises sur les chansons plus calmes et c’est l’explosion au fond de moi.

J’apprécie chaque seconde du concert, oubliant complètement la présence de Vincent derrière moi, savourant au maximum. Avoir enfin la chance de les voir avec les jeux de lumière et de fumée bien plus poussés qu’en Europe et surtout, les images qui défilent sur grand écran, c’est indescriptible. Je ne sais toujours pas pourquoi et comment ils parviennent à me toucher aussi profondément, à mettre le doigt sur des émotions parfois refoulées, mais sur les quelques concerts que j’ai pu faire d’eux, rien n’a changé : c’est toujours aussi fort, toujours aussi douloureux, toujours aussi salvateur.

Je voudrais que ça ne s’arrête jamais…

Même le public japonais me semble parfait. Certains les trouvent trop immobiles, trop « robotiques ». Ils répètent les même gestes en même temps, bougent de la même façon, ne chantent que quand ça semble autorisé. Pas de chanteur yogourth tout au long du spectacle. Pas de connasse pour hurler pendant un solo ou un inward scream de Kyô. Ils savent quand il faut fermer la gueule (chose qui n’a toujours pas été acquise par les européens…), mais ils savent aussi quand il faut acclamer, hurler de toute ses forces, applaudir. Ils profitent de leur concert à leur façon mais ils n’en sont pas moins prêts à se défoncer, bouger et mettre l’ambiance sur les chansons plus agitées !

Le set se compose essentiellement de chansons d’Arche, et s’achève sur Revelation of Mankind.

(J’avoue qu’à mes yeux, c’était peut-être le seul point négatif de cette setlist, j’aurais aimé avoir un peu plus d’anciennes chansons, mais après tout il s’agit d’une tournée promotionnelle pour Arche sorti en décembre, normal donc que le concert s’axe dessus.)

J’avais prévenu Vincent : quand ils quitteront la scène, le public se mettra à scander « Encore ! » jusqu’à ce qu’ils reviennent. Et de fait. Sur ce point, avouons que les japonais sont assez mous comparé à l’Europe… Il y a juste un japonais au fond près de nous qui hurle à s’en déchirer la gorge, et Vincent décide de se prêter au jeu, criant chacun leur tour toujours plus fort. Je soupire de désespoir tandis que d’autres japonais aux alentours semblent rigoler de cette scène d’affrontement.

Et enfin, ils reviennent, enchaînant Un deux, Chain Repulsion, Uroko et –Saku- (que j’ai eu du mal à reconnaître au début, je ne sais pas pourquoi), avant d’annoncer la dernière chanson. Je sais que c’est là qu’il va falloir tout donner, parce qu’après, ce sera définitivement fini… Et c’est sans surprise que Hageshisa to débute pour mon plus grand bonheur. Je chante le refrain à plein poumons, les yeux toujours embués de larmes, et tente de secouer mon corps autant que possible jusqu’aux dernières notes.

C’est sous les cris enflammés du public que cela se termine, avec les habituels lancés de mediators et baguettes, et tour à tour, les membres du groupe quittent la scène pour ne laisser qu’un vide…

On ressort dans la nuit, sous le choc. Je ne sais pas si ce qui m’étonne le plus aura été le concert en lui-même… Ou l’état de Vincent. Il a fait des dizaines et des dizaines de concerts et festivals de rock, metal, hardcore et musique en tous genres, des gros festivals aux concerts dans des minuscules bars de chez nous ; il a vu les plus grands groupes de musique et venait voir Dir en grey juste pour dire d’assister à un concert de groupe japonais au Japon, convaincu qu’il n’accrocherait pas plus que ça et qu’il passerait le show à boire des bières, même s’il avait écouté et apprécié le dernier album.

Et pourtant… Il a pleuré autant que moi. Moi je pleurais le groupe, leur musique et mes 10 ans de nostalgie, lui il pleurait le Japon, son rêve de toujours qui se tenait là, sous ses pieds, devant ses yeux, autour de lui. Je lui avais parlé des soucis de Kyô, du fait qu’il avait eu des nodules aux cordes vocales, avait déjà dû annuler des tournées à cause de ses problèmes de gorge. Il n’en a été que plus étonné par sa prestation.

« Musicalement, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais le chanteur, putain ! Il gère à crever ! »

Difficile de repartir après une telle claque dans la gueule, on en titube presque, nos joues toujours légèrement scintillantes et nos yeux brillants d’étoiles…

On achève cette journée par un petit restaurant à poissons proche de l’auberge. Ils ne parlent pas anglais, on ne parle pas bien japonais et on ne comprend pas la carte ; on suit donc leurs recommandations et on commande un plateau de sashimis variés, loin des classiques, que l’on savoure. On tente de faire la conversation tant bien que mal avec le personnel en terminant nos bières, avant de repartir s’affaler dans notre lit.

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