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Harajuku, en 2007

Bond de 13 ans en arrière. Premier voyage au Japon. J’étais en famille d’accueil à Osaka, mais ma mère japonaise m’avait fait la plus belle surprise possible : me permettre d’aller passer un week-end à Tokyo pour réaliser mon rêve d’alors, visiter Harajuku.

Aujourd’hui, je vous propose de replonger dans les archives de mes photos d’époque. Toutes les photos datent de l’été 2007.

Je les avais perdues suite à un crash de disque dur, mais c’était sans compter sur Super Papa et son sens de l’anticipation, qui a pu me retrouver les originales sur un CD 🙂  La qualité est très médiocre puisque je ne disposais que d’un compact bon marché – n’importe quel smartphone actuel prend de meilleures photos. On a beau dire que c’est l’oeil du photographe qui fait la photo, l’appareil joue quand même beaucoup ! Heureusement, il y a Photoshop et Lightroom ; je les ai donc retravaillées pour mieux les savourer.

Mon adolescence fut bercée par le visual kei – vous savez, ce courant musical jadis populaire où le look, très excentrique et androgyne, avait autant d’importance que la musique elle-même. Allez, pour les nostalgiques du genre esthétique, je pose ça là 🙂 :

À côté de ça, je passais des heures à contempler, admirative, les photos des looks tokyoïtes les plus originaux. Lolita et tous ses sous-genres (Sweet, Classical, Gothic, EGL, …), Decora, Fruits et autres styles tantôt victoriens, tantôt Kawaii, tantôt inspirés du mouvement Punk. Sans oublier le penchant inverse de la mode japonaise avec les Kogaru et les Yamamba (t’es un ancien si tu t’en souviens !).

En 2005, il était difficile de s’acheter des vêtements japonais, et si les intermédiaires existaient, le shopping sur internet n’était pas encore assez répandu que pour inspirer une fiabilité suffisante. Quelques boutiques proposant des vêtements en import avaient ouvert sur Paris, encore fallait-il avoir les moyens de s’y rendre et de s’offrir des pièces affichant un prix plutôt élevé. Je préférais dédier mes rares économies aux concerts de groupes japonais, et me contentais donc de baver sur les photos, rêvant d’un jour visiter Harajuku. Sa street fashion fut d’ailleurs le thème de mon travail de fin d’études secondaires.

Autant dire que je frétillais d’impatience lorsqu’enfin, j’ai embarqué dans le shinkansen en direction de Tokyo pour découvrir ce quartier qui m’avait tant fait rêver !

La Takeshita-Dori grouillait déjà de monde :

Je n’ai hélas pas pris de photos des magasins qui parsemaient la rue, par contre, je me devais d’aller flâner sur le Jingu Bashi. En ces temps, c’était LE lieu incontournable où les jeunes japonais aux looks les plus excentriques se retrouvaient le dimanche !

Des jeunes de tous styles discutaient ça et là, parfois accompagnés de leur petite valise d’accessoires et de maquillage.

D’autres prenaient la pose pour le plus grand plaisir des touristes et  photographes aguerris ! Swipe pour tout voir :

On croisait également des groupes de Free Hugers, des artistes se produisant sur le ponton ou d’autres faisant la promotion de leurs concerts à venir.

L’envers du décor était un peu moins charmant : je me souviens d’une sensation de malaise en ayant l’impression de me trouver dans un zoo humain, avec des hordes de touristes s’attroupant autour des jeunes pour les photographier sans autre forme de considération. Ne manquait presque que les cacahuètes…

Malheureusement, je n’aurais pu savourer cette époque dorée qu’une seule fois : il m’aura fallu attendre 8 ans pour y retourner, et entre-temps, Harajuku a bien évolué – ou devrais-je dire décliné. Plus personne ne traîne sur le pont de Jingu, et on croise largement moins de japonais lookés dans les rues. Au fil des ans, de nombreuses marques jadis iconiques ferment boutique, et l’emblématique Takeshita-Dori est devenue un vrai attrape-touristes, se peuplant notamment de (trop) nombreux « Cafés à animaux« .

Alors si vous n’avez jamais visité Harajuku, n’espérez pas retrouver cette nostalgie d’antan : même le célèbre magazine FRUiTS a fini par stopper ses publications, faute de looks intéressants à photographier, après 20 ans d’existance (source : i-D, DAZED, articles en anglais).

Heureusement, certaines marques n’ont pas bougé et sont toujours présentes après plus d’une décénnie, parfois bien cachées dans des petites ruelles à proximité, tandis que d’autres se créent, apportant un nouveau vent de fraîcheur et de créativité. Et lorsque certains styles se meurent, c’est seulement pour en laisser émerger d’autres. La réalité derrière ces looks n’est cependant pas toujours aussi rose qu’elle en a l’air, je vous invite à regarder ce reportage intéressant sur le style « Yami Kawaii » :

Pour ma part, je continue à y trouver mon compte lorsque je visite le quartier, que ce soit dans la rue Takeshita ou aux étages inférieurs du centre commercial LaForêt. Qu’il s’agisse de marques qui ne sont plus à présenter ou de jeunes créateurs émergents, tous proposent de véritables perles d’originalité, et même si la mode japonaise a connu un certain déclin en termes de popularité, elle continue de surprendre et d’étonner… Et même parfois de volontairement détonner !

J’espère que ce petit article nostalgique vous aura plu ! Si ça vous tente que je déterre d’autres photos de mon 1e voyage, n’hésitez pas à me le dire en commentaire ! ♥

Et vous, que pensez-vous de l’évolution d’Harajuku ?

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