Autres,  Japon,  Japon,  Urbex,  Voyage

Ōkunoshima, part.1 – Les ruines

Ōkunoshima (大久野島) est une petite île de la préfecture d’Hiroshima, qui attire les visiteurs principalement pour les nombreux lapins qui la peuplent. Mais cette île cache aussi un passé sombre, abritant les ruines de divers bâtiments militaires et d’une ancienne usine de fabrication de gaz toxique.

Des lapins et des ruines, il n’en fallait pas plus pour me convaincre d’y passer une journée lors de mon périple en direction d’Hiroshima !

Comment s’y rendre ?

Pour atteindre Ôkunoshima, il vous faudra d’abord vous rendre à Tadanoumi. Le plus simple est de rejoindre la gare de Mihara, puis de prendre la JR Kuro Line jusque Tadanoumi. La station est minuscule, mais on notera les détails de lapins !

De là, il suffira de rejoindre le port à deux pas de la station, où des ferrys partent régulièrement en direction de l’île (environ 15 minutes de trajet). Une petite boutique permet d’acheter son ticket d’embarcation ainsi que quelques goodies. Ce sera aussi votre seule chance d’acheter des graines pour nourrir les lapins, car vous ne trouverez rien à vendre sur l’île, prévoyez donc aussi votre pique-nique pour la journée !

Où se loger ?

Il existe un hôtel avec onsen sur l’île d’Ôkunoshima. Par question d’économie, j’ai préféré réserver un Airbnb à 15 minutes du port : véritable plaisir d’avoir une maison typique entière pour moi seule ! Pour m’y rendre, j’ai en réalité pris le bus depuis la gare de Mihara afin de descendre le plus près possible de la maison, et j’en ai en profité pour découvrir le paysage de Tadanoumi sur la route jusqu’au ferry.

Découvrir l’île

Sitôt descendu du ferry, pas besoin de chercher longtemps pour apercevoir les lapins qui gambadent partout. Mais ces derniers feront l’objet d’un article rien que pour eux 😉 Aujourd’hui, je vais plutôt me pencher sur l’île en elle-même et les ruines qu’elle abrite. Un chemin permet de faire le tour de l’île, j’ai choisi de partir sur la droite afin de me diriger en premier lieu vers l’ancienne usine et sa centrale électrique.

Un peu d’histoire…

Les premières fortifications militaires de l’île dateraient de la guerre sino-japonaise. Dans les années 1920, l’île est rayée des cartes pour garder secrète la construction d’usines chimiques. C’est à partir de 1929 que débute la production de gaz toxique par l’armée impériale japonaise. Les habitants de l’île sont déportés, quatre différents types de gaz seront produits.

Il est dit qu’un total de plus de 6600 tonnes de gaz aurait été fabriqué pendant 15 années d’activité !

À la fin de la seconde guerre mondiale, tous les documents sont brûlés et les preuves effacées. Les forces alliées d’occupation font disparaître le gaz restant, soit par incinération, en l’enterrant ou en le déversant dans l’océan Pacifique.

Aujourd’hui, il ne reste plus que les façades d’une usine et de la centrale électrique qui l’alimentait. Ces ruines restent les plus impressionnantes de l’île, en parfait contraste avec le côté « mignon » des lapins.

À noter qu’en réalité, il n’est pas autorisé d’entrer dans le bâtiment délimité par des barrières en bois. Mais après tout, le principe de l’urbex n’est-il pas de pénétrer en des lieux abandonnés… Et bien souvent interdits ? 😉 Étant hors période touristique, la fréquentation de l’île était plutôt calme : pas vu, pas pris !

En parcourant l’île, on retrouve d’autres fortifications militaires, qui datent du début du XXe siècle, et notamment des batteries d’armement. Ces dernières furent construites au Nord, au Sud et au Centre de l’île, avec un total de 22 canons installés. Elles datent de 1902, avant le début de la guerre russo-japonaise.

Ici, les restes d’un bâtiment qui servait à entreposer le gaz. Les marques noires sur le béton sont dues à l’incinération des matériaux. À l’époque, des monticules dressé devant et une peinture camouflage sur le béton permettait à l’édifice de ne pas se faire remarquer depuis la mer.

Près de l’hôtel, on trouve un ancien laboratoire où les gaz toxiques étaient inspectés et les documents importants étaient classés.

En empruntant un chemin grimpant, on arrive sur les vestiges d’un projecteur de l’ancienne forteresse Geiyo, installé pour détecter les navires ennemis.

Normalement, il est possible de visiter les vestiges de la forteresse en elle-même, et d’accéder au point de vue d’Ôkunoshima, mais ces chemins s’enfonçant vers le centre de l’île étaient hélas fermés d’accès suite a des dégâts causés par des intempéries…

En dehors des lapinous et des vestiges militaires, faire le tour de l’île constitue une agréable promenade aux paysages changeants. Revenu aux abords de l’hôtel et des embarcadères, se trouve le musée du gaz toxique, ouvert en 1988. Malheureusement, je ne l’ai pas visité – sans doute arrivée trop tard.

Il y a également un petit temple, des tables de pique-nique, un centre d’information, quelques objets d’art et, au loin, un phare pour compléter le paysage.

Malheureusement, je suis tombée à court de batterie, j’ai néanmoins pu prendre quelques photos du soleil déclinant !

Après vous avoir présenté l’aspect militaire d’Ôkunoshima, je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour découvrir son aspect « so kawaii » avec une overdose de photos d’adorables lapins ? ?

Localisation

Ôkunoshima
Tadanoumicho, Takehara, Hiroshima 729-2311, Japon
Les Ferries naviguent de 07:30 à 19:15
http://rabbit-island.info/en/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *