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Japon – Koyasan

Jour 10. Un des meilleurs souvenirs que je gardais de 2007, c’est celui de mon passage à Koyasan, à l’époque trop court à mon goût. Je me souvenais vaguement d’une grande forêt, de tombes à perte de vue et d’un temple qui m’avait laissé en émoi…

Une expérience que je tenais à absolument tester en revenant au Japon, c’est celle du séjour en temple bouddhiste. M’imprégner de leur spiritualité, en apprendre plus sur leur religion… Koyasan était donc la destination idéale !

On quitte Osaka de bonne heure pour aller jusqu’à Namba. Sachant qu’on devra prendre le téléphérique pour rejoindre le mont Koya, on abandonne nos grosses valises dans une consigne et on ne prend que le principal avec nous. La gare de Namba est immeeeense et on doit la traverser pour rejoindre la ligne Nankai Koya. Un changement à faire et nous voici arrivé au pied de la montagne ! La foule est au rendez-vous et on avance tant bien que mal jusqu’au téléphérique, puis on embarque dans un bus pour rejoindre notre temple, l’Eko-in. Je tenais à cette expérience, j’y ai donc mis le prix, et c’est avec un grand sourire aux lèvres que l’on découvre la chambre où un moine nous emmène.

Koyasan

Il nous explique ce qu’il en est par rapport aux lieux, au repas et aux cérémonies du lendemain. Et il me gratifie d’un « nice tattoo ! » en regardant mes doigts… Moi qui m’étais couverte de collants opaques et d’un gilet pour masquer au maximum mes encrages, fail ! Je lui demande si mes tatouages ne choque pas sachant qu’au Japon c’est assez mal perçu. Il nous explique que ce sont surtout les vieilles personnes qui sont choquées par ça, mais que les jeunes en font de plus en plus et qu’eux, ça ne les dérange pas. Plutôt cools et modernes, les moines !

Une fois parti, on admire notre chambre, dans un style traditionnel japonais avec tatamis, table basse, yukata, petite terrasse et vue sur le jardin que l’on ne tarde pas à aller visiter.

Koyasan

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L’intérieur de l’auberge est magnifique, tout en simplicité, et il est gai de s’y promener. Il y a toujours des scènes dans les manga où les protagonistes se retrouvent dans un ryokan typique, et on a l’impression d’y être, avec les divers petits jardins et les longs couloirs en bois qui grincent sous nos pas ! C’est vraiment magique ♥

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On se pose un peu avant de repartir, en veillant tout de même à protéger nos affaires (les portes ne ferment pas à clé de l’extérieur). Direction l’Okuno-in, ce vieux cimetière s’enfonçant dans les bois comptant plus de 200 000 tombes de samuraïs, membres de famille royale, personnalités célèbres et petites gens. Longeant la route, on finit par l’apercevoir sur le côté, et on préfère passer par là pour rejoindre son entrée.

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Déjà, on est émerveillés par toutes ces tombes tantôt flambant neuves, tantôt couvertes de mousse, bercées par les rayons du soleil qui transpercent la cime des arbres.

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On finit par rejoindre l’entrée principale et on se met à longer le chemin qui s’offre à nous, admirant l’architecture de certaines tombes. On trouve parfois le nom d’une ou l’autre grosses entreprise actuelle gravé dans la pierre, la personne qui repose là était-elle un PDG, investisseur ou autre membre important de ladite entreprise ? Mystère !

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Une chose qui m’avait déjà marquée à l’époque et que je retrouve avec plaisir, ce sont les petits tabliers / foulards sur certaines statues. Je trouve ça tellement mignon !

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Nous débouchons sur un lieu de prière, où les croyants font la file pour saluer tour à tour les statues de bouddha. Je suis émerveillée par ce qui m’entoure.

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Il faut savoir que j’ai grandi dans un village perdu mais non moins lieu de culte religieux, puisque la vierge Marie y serait apparue. On y trouve une source d’eau bénite, une petite chapelle, plusieurs églises, couvents, homes et magasins à souvenirs bling bling (visiblement il y a des gens qui achètent des assiettes à l’effigie de la vierge). Chaque année, un nombre incroyable de pèlerins venus d’un peu partout viennent se recueillir ou assister à la bénédiction des malades.

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Tout ça pour dire que comparé à mon village, Koyasan a tellement plus de charme, et quitte à grandir dans un lieu de culte, j’aurais sans nul doute préféré que ce soit là-bas. J’ai reçu une éducation catholique, ai eu des cours de religion à l’école de la primaire à la secondaire et ne remets pas en cause les « croyances » que l’on m’a inculquée, mais le bouddhisme me semble tellement plus logique, plus serein, plus simple et donc aussi plus sain (même si je suis consciente que pour toute religion, il y a des fanatiques et des débordements, hélas)… Je n’ai de cesse d’admirer les lieux et les pratiques des gens qui s’y trouvent.

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On continue doucement notre route vers le temple aux lanternes, le Tōrō-dō. Et nous voici interrompus par une procession. Des moines en habits typiques parcourent le chemin jusqu’au temple à la file indienne, distribuant au passage des petits papiers. Je prends rapidement 2-3 photos discrètes et range mon appareil pour ne pas paraître impolie, car c’est très mal perçu – et même, je pense, interdit.

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On suit les moines jusqu’au temple, où ils débutent une longue cérémonie… On admire au passage l’intérieur et ses nombreuses lanternes suspendues au plafond, le temple est magnifique ! On n’attend pas la fin de la cérémonie pour ressortir, allumer un bâton d’encens et faire un rapide tour du temple. Des graviers blancs décorent ses alentours, on le croirait enneigé alors qu’on est au printemps.

Koyasan

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On repart tout doucement vers le temple où l’on séjourne, afin de ne pas manquer l’heure du repas !

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Au passage, on croise quelques monuments mortuaires ayant été bien abimés par le temps, ça leur confère un charme indescriptible…

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On ressort de la forêt et on se hâte vers notre chambre. Peu de temps après, le téléphone sonne, on leur confirme que le repas peut nous être servi et les moines ne tardent pas à nous amener notre repas dans la chambre. La table basse est mise de côté, tout est déjà préparé sur une petite tablette. Au menu ? Un repas végétarien typique issu de l’alimentation des moines. C’est succulent – et bien bourratif ! On peine un peu à en venir au bout… Je poste quand même quelques photos souvenirs façon « #foodporn » comme diraient les jeunes d’aujourd’hui !

Koyasan

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Une fois le repas terminé, on les appelle et ils viennent nous débarrasser, puis c’est dans une maîtrise parfaite et avec des gestes très codifiés qu’ils nous préparent nos futons pour la nuit. Je décide de me rendre aux bains pendant que Vincent joue à la console. Je me sentais extrêmement mal en 2007 quand je me rendais aux bains publics, et le malaise n’a pas changé. D’une part, j’ai peur de les « choquer » avec mes tatouages et scarifications, d’autre part… Je complexe ! Je sais que la morphologie des japonaises n’est pas pareille à la nôtre, et me retrouver nue face à elles avec mes formes d’européennes me met un peu mal à l’aise. Mais petit à petit, je me détends dans l’eau brûlante et je savoure, d’abord recroquevillée dans mon coin, puis plus relâchée. Ça reste quand même super agréable de s’y laver. (Et non, je n’ai bien évidemment pas pris de photo :))

Le lendemain matin, je me lève pour assister à la prière en mémoire aux ancêtres qui est à 6h30 (assez tard pour un « morning service » de moines d’ailleurs). Je discute un peu quelques japonaises qui me montrent leur carnet à estampes. Les japonais sont souvent très croyants et certains n’hésitent pas à parcourir le pays pour faire estampiller leur carnet dans tous les temples qu’ils visitent. Je bafouille que je ne connais pas bien le bouddhisme, mais que je suis curieuse de découvrir…

Les moines arrivent, je pénètre le temple et m’assied « à la japonaise » genoux pliés sur les tatamis. Est-il utile de préciser que cette position est très douloureuse et que je ne serai pas parvenue à la tenir jusqu’au bout ? Ils sont trois ce matin-là à réciter leurs prières et chanter. À un moment donné, chacun notre tour en glissant comme on peut sur les tatamis, on passe devant un petit autel prendre une pincée d’encens et adresser une prière.

Une fois les chants terminés, l’un d’eux s’adresse à nous pour nous remercier (nous le remercions en penchant la tête vers le sol), ainsi qu’un long discours auquel je n’ai à peu près rien compris… Ensuite, nous nous levons, nous faisons le tour du temple chacun à notre tour pour passer devant les différentes statues, puis nous sommes invités à les suivre pour la cérémonie du feu « Goma« .

Dans cette cérémonie, des planches en bois sont brûlées, il est possible de faire écrire sa prière dessus afin qu’elle soit exhaussée. Le feu permet de nous purifier… J’observe, l’esprit dans le vague, la flamme qui danse face à moi, les gestes rituels du moine pour prendre les outils, placer les planchettes en bois, faire monter le feu et enfin l’éteindre. La cérémonie dure 20 bonnes minutes, puis vient le moment des remerciements, un tour de la pièce face aux statues, et chacun repart vers sa chambre pour prendre le petit déjeuner.

À nouveau, un repas végétarien nous attend ! Je n’ai cependant pas très faim et j’ai mal digéré le repas de la veille, difficile donc à avaler même si c’est très bon…

Koyasan

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Une fois le petit déj’ terminé, je procède au règlement et on part reprendre le bus puis le téléphérique. Prochaine destination : Nara !

6 commentaires

  • Céline

    J’ai encore envie de pleureeeeer !!!!
    Quand je vois par exemple toutes ces tombes, j’ai l’impression de visiter avec toi, un monument !
    C’est tellement beau, tellement propre, respectueux !
    Chez nous les tombes sont si tristes, si banale….
    Je suis même sure qu’au Japon, faire une tombe ainsi ne coûte pas aussi cher que chez nous, qu’ils se font moins de fric sur le dos des morts que chez nous…
    (pour dire ma grand mère n’a même pas de pierre tombale….)
    L’endroit où tu loges, ça donne envie de se coucher en plein milieu du couloir et de fermer les yeux et s’abandonner à la nature!

    • Milk

      Mooh pitchoune ! J’avoue que tous les cimetières japonais nous ont chaque fois émerveillés, c’est tellement beau, tellement bien agencé, et plein de couleurs avec les fleurs. Au Japon c’est plutôt l’âme qui a de l’importance, pas tant le corps, donc forcément, ce n’est déjà pas la même démarche…

      Pour les coûts par contre, je n’en ai aucune idée, mais ça doit probablement coûter cher comme partout ailleurs, tu sais !

      En tout cas, c’est sûr que dans les cimetières japonais, les morts doivent reposer en paix !

      (Et puis je suis sûre qu’un jour tu auras l’opportunité de visiter le Japon toi aussi et de voir tout ça de tes propres yeux ♥)

  • Virginie

    C’est magnifique! Merci encore de partager tout ça, et en effet ça aide pour une éventuelle préparation au voyage.

    Est-ce que je peux me permettre de te demander ton budget? (Tu peux m’envoyer un mail, ou ne pas répondre je comprendrais évidemment)

    J’ai hâte de voir d’autres photos, c’est vraiment sublime!!!!

    • Milk

      Merci beaucoup 🙂

      Pour le budget il faudrait que je recalcule tout ça…
      Je dirais que en gros :

      Pour les transports : environ 1100€ (< 600€ le vol a/r, rail pass 20 jours 443€, + quelques trajets en bus / train / taxi) Pour les hébergements : on a fait pas mal d'auberges à 25-30€ la nuit par personne, l'appart sur Tokyo la dernière semaine c'était environ 50€ la nuit par personne, par contre l'hébergement à Koya et celui à Kawaguchiko c'était de suite un autre budget (il faudrait que je revoie sur mon relevé de carte). On a du en avoir pour 700-750€ grand max par personne pour 20 jours, incluant nos deux nuits plus "luxueuses" en monastère à Koyasan et en hôtel avec onsen à Kawaguchiko, donc si je ne me trompe pas en faisant une moyenne de tout on reste à moins de 40€ la nuit. Pour les dépenses sur place : beaucoup ! En fait, je suis plus vraiment partie en vacances depuis mon dernier voyage au Japon en été 2007... Donc plus de 7 ans d'économie, j'attendais d'avoir une somme assez conséquente de côté comme 5000-6000€ pour pouvoir BIEN en profiter et se faire plaisir sans compter en me disant que j'aurai peut-être plus jamais l'occasion d'y aller. Au final je sais plus du tout combien on a dépensé (d'autant que j'ai du payer certains hébergements seule (les deux hôtels chers et l'appart à Tokyo j'ai tout pris en charge) + le JR pass de Vincent vu qu'il n'avait pas beaucoup d'argent et j'avais pas envie d'attendre un an de plus pour partir 🙂 ). Mais après on a bien craqué notre string sur les dépenses en jeux vidéo, vêtements et autres conneries. Je pense qu'avec un budget de 3000€ tu peux déjà te faire un beau voyage et bien en profiter, d'autant que la bouffe coûte vraiment 3x rien là-bas (un restaurant plus "luxueux" tu en as de suite pour 30-35€ par personne... En général tu t'en sors pour 10-15€ grand max dans un izakaya avec plusieurs petits plats et une boisson) 🙂

  • Virginie

    Merci beaucoup d’avoir répondu! Et oui je me doute que lorsqu’on va là bas on n’a pas envie d’avoir de frein, surtout au niveau achats goodies! C’est le budget que j’estimais, merci encore!

    On espère pouvoir y aller prochainement avec ma moitié, mais ça sera certainement pour notre voyage de noces dans 2-3 ans (héhé!!)

    Encore bravo pour tes merveilleuses photos et récits, on s’y croirait… 🙂

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