
Trois ans. Parfois, je me dis que c'est simplement un
changement d'étape : au lieu des fantasmes corporels, on fait place aux désirs
mortels. Ce n'est plus "dans quelles positions s'accoupler", mais
"par quel moyen le tuer". Une autre forme de romantisme, en quelques
sortes.
Moi je me souviens encore de cette première rencontre, de
mon esprit légèrement éthylé qui s’embrouillait au fil des heures, chamboulant
mon cœur. Il est parti le matin, glissant sur mes lèvres un baiser – le premier,
fatal, piège d’acier se refermant sur sa proie. Ça battait la chamade partout à
l’intérieur, un mélange de désir, d’envie, de passion, mais surtout beaucoup de
peur.